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Pour le savoir, nous avons demandé l’avis de nos spécialistes ’Natvert’ pour nous éclairer sur ce sujet. La forêt de La Coubre a été ensemencée (plantation de pins maritimes) dans les années 1860 dans le cadre des travaux de fixation des dunes dirigés par les eaux et forêts (VASSELOT de RÉGNÉ) pour assurer la protection des territoires, stopper  l’ensablement des villages et la disparition des cultures locales.
Le massif forestier est constitué majoritairement de deux espèces emblématiques les mieux acclimatées à la nature du sol et au climat: le pin maritime et le chêne vert. Le pin maritime, d’une élévation plus grande constitue un bon obstacle face aux vents forts qui viennent du large. Ces pins ont une durée de vie de 80 à 110 ans (80 ans étant la limite de reproduction naturelle (graines fertiles issues des fruits : pommes de pins). Les feuillus, les bois morts et les arbustes apportent au sol l’humus (feuilles mortes décomposées) nécessaire à la germination des graines tombées au sol et à la pousse des jeunes plants.


La forêt doit rester vivante et pour cela il faut absolument la régénérer en permanence.

En fonction de l’âge du boisement et de leur situation, des parcelles sont désignées par l’ONF et confiées à des exploitants privés sur appels d’offres, qui assurent la coupe, l’évacuation et l’utilisation des bois dans des filières spécialisées; ces travaux occasionnent des dégâts sur le terrain souvent jugés sévèrement par le promeneur, ils résultent parfois d’un manque de respect des consignes et de la volonté de faire vite pour en réduire les coûts.
 

Concilier régénération et maintien de la biodiversité :

La première méthode consiste à faire des éclaircissements régulièrement dans le temps en prélevant certains arbres et en éliminant buissons, feuillus trop envahissants. Cela n’a pas d’impact notoire sur la biodiversité.

La deuxième méthode,  plus radicale, visant à favoriser le pin maritime, consiste à mettre la parcelle à nu après collecte des arbres et attendre que la végétation reparte soit naturellement avec les graines de pin présentes dans le sol, soit par semis. Les graines de pin germent plus facilement sur un sol sableux sans végétation.

Là, c’est souvent une double peine pour la biodiversité des parcelles concernées : plus de couvert végétal  pendant plusieurs mois, et bouleversement du sol.

En 2010 (voir le compte-rendu de la conférence de Serge Chaigneau à Natvert), l’ONF préconisait clairement une gestion douce : coupe par éclaircissements successifs, maintien des espèces secondaires, etc ,,,

onf2010.png

Il semblerait qu’en 2015, la mise en œuvre de la méthode 2 soit  loin d’être anecdotique. Pour l'ONF, le recours à cette méthode est nécessaire quand la régénération naturelle n'est pas possible (mauvaise fructification, dégâts des grands animaux). 

Elle ne serait pas en contradiction avec les options de gestion préconisées par le DOCOB Natura 2000, qui n'est pas encore approuvé.

Il faut aussi sans doute  relativiser :  Les tempêtes de la période 1999-2003 ont occasionné de très gros dégâts sur la forêt de La Coubre, de très nombreux pins ont été arrachés, décapités ou sectionnés au point de devoir faire appel à des forestiers venus de l’étranger pour faire face au besoin de coupe et d’évacuation des arbres abimés.
Un très gros volume de bois mort a été concerné si bien que durant plusieurs années aucune coupe supplémentaire n’a été effectuée (stock de bois important, état sanitaire du bois fragilisé, besoin industriel satisfait), ce qui fait que le promeneur a  perdu l’habitude du spectacle des parcelles broyées et des empilements de troncs sur le bas-côté.

Des chiffres communiqués par l’ONF


Depuis ces dernières années, la gestion ordonnée de la forêt se fait au rythme de  50 Ha/an en coupe rase sur un massif de 6800 Ha soit moins de 1 % de la superficie concernée chaque année et de 100 Ha/an en éclaircissement.

Pas de quoi sans doute créer un conflit ouvert sans que l’ONF ait pu apporter des éléments de réponses aux questions posées.

Néanmoins, la forte mobilisation de certains montre d’une part l’attachement du public pour cette forêt, d’autre part l’impérieuse nécessité pour l’ONF de communiquer sur sa gestion (objectifs, cartes, etc…) afin d’avoir la certitude que nous ne nous dirigeons pas vers une monoculture du pin, comme cela se pratique encore dans les Landes.


À l’observation d’événements inhabituels, le public a raison de se poser des questions et manifester sa vigilance pour protéger et conserver ce patrimoine exceptionnel auquel un très grand nombre de personnes est si attaché.
La transparence est aujourd’hui une attente forte et légitime du public en de nombreux domaines. De façon générale, le public n’a pas forcément les connaissances ou les informations suffisantes pour comprendre d’emblée des événements perçus qu’il traduit immédiatement en impressions ou sensations désagréables qui le heurtent.

 Jusqu’à présent, l’ONF s’est comporté en  professionnel sérieux et coopératif, à l’écoute des inquiétudes, et répondant aux questions posées, souhaitons qu’il en soit toujours ainsi.


Devant l’émoi important soulevé par ces coupes, l’ONF devra communiquer davantage sur les évolutions visibles du massif forestier et les pratiques associées afin d’éviter les questionnements
suspicieux, générateurs d’incompréhensions et germes de contestations.

L'ONF a d'ailleurs compris le message puisqu'elle vient de mettre à disposition du public son plan de gestion de la forêt, lien donné dans le communiqué de presse ci après.

Téléchargez le communiqué de presse de l'ONF.

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Date de création : 26/02/2015 19:28
Dernière modification : 26/02/2015 19:28
Catégorie : Ca nous concerne - Forêt de la Coubre
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