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C'est sous un soleil tout à fait exceptionnel cette saison que nous avons pu faire cette visite très complète de la Forêt des Combots d'Ansoine, accompagnés par Guy Estève et Valéry Bernard.

On ne présente plus Guy Estève, Il se passionne depuis de nombreuses années pour l'histoire, la géologie, la botanique, ... de la presqu'île d'Arvert et connait bien le site des Combots  d'Ansoine et les mystères  qu'il recèle.

Valéry Bernard quant à lui est technicien forestier, agent patrimonial à l'Office National des Forêts, en charge du massif forestier des Combots, mais aussi d’une forêt dans l’ile de Ré, une autre à la pointe de Suzac et également plus loin dans les terres à Bussac.

Les Combots d’Antoine ne sont pas une forêt domaniale mais sont propriété du Conservatoire du Littoral. Après le terrible incendie de 1976, des promoteurs immobiliers bien intentionnés souhaitaient acheter la propriété détenue par la famille Delmas pour bétonner la côte, sans doute dans le style Saint Jean de Mont. Heureusement ce projet n’aboutit pas et le Conservatoire en fait l’acquisition en 1978.

Le domaine des Combots fait environ 900ha, superficie qui varie au gré de l’érosion marine côté mer et des nouvelles acquisitions du Conservatoire côté terre. C’est l’ONF qui en assure la gestion.

Nous quittons le parking le long de la D25, traversons la départementale et nous enfonçons dans la forêt.

Combots d'Ansoine

Tout au long de la balade nous alternerons entre explications botanique sur la flore caractéristique de ces forêts littorales, historique sur le passé mystérieux du site,  géologique et également gestion sylvicole.

parcours.png

Côté flore, c’est la pleine floraison de l’hélianthénum à gouttes et de la  céphalanthère rose. Les arbousiers sont présents en nombre. Nous verrons aussi l’osyris Blanc, arbuste méditerranéen protégé et peu fréquent.

hélianthème à gouttes céphalantère rose

La piste cavalière franchit des dunes de sable, aux noms évocateurs : la grosse madame, le monsieur, la demoiselle. Sous la première se cacherait les ruines d’édifices appartenant à la cité d’Antoine aujourd’hui disparue, mais que Claude Masse mentionnait sur ses cartes en 1706. Il fait aussi état d’un port, le port de La Lune. Pour Guy Estève, cela est fort probable. La falaise calcaire que l’on voit actuellement à la Grande Côte s’enfonce sous le sable, et son tracé relevé en 1978 à l’époque des études faites par le promoteur immobilier passe sous les dunes en question. Guy a d’ailleurs trouvé en 1999 après la tempête Martin des matériaux et des morceaux de poterie, l’un typique des poteries de 200 à 300 ans avant JC. Il faudrait pouvoir faire des fouilles, mais le financement reste à trouver. La falaise calcaire affleure en d’autres endroits près de la tour radar.

présence socle calcaire Combots d'Ansoine Tour radar la Palmyre

Il y a aussi des traces de civilisation encore plus anciennes. Guy nous montre un grattoir en silex qu’il a trouvé lors d’un carottage. Encore quelques millions d’années et nous voici chercheurs de fossiles. On trouve beaucoup de foraminifères, des fossiles orbitoïdes  vieux de 65M d’années.

grattoir silex fossiles

L’ONF suit les directives du document de gestion élaboré avec le Conservatoire. Il est établi pour une période de 15 ans et peut être consulté en mairie.

Valéry nous montre le découpage des Combots en plusieurs zones : côté littoral, le rôle de la forêt est uniquement la fixation des sols et la protection face au sable et aux embruns. De l’autre côté du CD25, une zone composée de pins maritimes est réservée à la production de.bois. Ce sont des peuplements majoritairement de pins maritimes. Deux ilots de sénescence permettent de voir comment la forêt évolue. Nous nous trouvons nous dans la partie où l’objectif est la préservation de la biodiversité. Le boisement est mixte, pins maritimes, chênes  verts, chênes pédonculés, chênes pubescents, robiniers, arbousiers… le rôle du gestionnaire est de veiller à ce qu’aucune espèce ne supplante les autres. Il lui faut aussi veiller à ce que la forêt se renouvelle. Du fait de la pauvreté du milieu et des conditions estivales (stress hydrique important), les pins doivent être remplacés avant 100 ans. La deuxième génération est maintenant en fin de vie. Pas de coupe rase néanmoins, la forêt  se régénère naturellement.

Extrait parcellaire Combots d'Ansoine

Le souci provient des engins utilisés pour l’abattage et la récolte des arbres. Impossible de tronçonner les arbres à la main, on ne trouve pas de bucherons et le coût serait prohibitif. Impossible aussi d’utiliser les chevaux, ils seraient vite épuisés par le poids des arbres à tracter. Les plus petits engins font 3 mètres de large. Des pistes de cloisonnements espacées de 15 m permettent de limiter les dégâts.

Nous retrouvons les voitures et certains prolongent la matinée par un pique nique fort sympathique avec vue sur la plage et l’océan.

Tous nos remerciements à nos deux accompagnateurs pour nous avoir fait découvrir tant de choses en si peu de temps !

Comme d'habitude, vous trouverez d'autres photos dans l'album photos.


Date de création : 22/06/2016 17:40
Dernière modification : 22/06/2016 17:40
Catégorie : CR Sorties Nature - CR Sorties Nature
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