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Compte-rendu de la sortie du 9 juin : quelques exemples de modes de gestion de la forêt domaniale de La Coubre

Cette sortie s’est déroulée par un très beau temps avec un petit groupe de participants mais très intéressés par le sujet. Notre guide était l’agent patrimonial Philippe LEQUEUX chargé plus particulièrement du suivi des interventions en forêt.

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Un petit préambule a permis à Guy de rappeler l’importance du site de La Bouverie dans l’histoire du reboisement de ce massif pendant la 2ème moitié du XIXe siècle.

Ph. LEQUEUX a ensuite présenté l’Office National des Forêts qui après les Ponts et Chaussées puis les Eaux et Forêt a pris le relais en 1966 pour assurer la pérennité de ce massif.

L’O.N.F. est un Établissement Public à caractère Industriel et Commercial (E.P.I.C.) c’est dire qu’un volet de son activité consiste en l’exploitation et la vente des arbres. En zone littorale ce n’est pas la vocation essentielle de la forêt : elle a été reconstituée par l’homme pour assurer la fixation du sol sableux, très mobile sans fixation : elle a un statut de forêt de protection avec les contraintes réglementaires qui y sont attachées.

En presqu’île d’Arvert elle assure aussi l’accueil du public (parcs de stationnement, chemins d’accès aux plages…). Plus récemment un volet protection et enrichissement de la biodiversité a été intégré à ces fonctions.

Un autre agent patrimonial est plus particulièrement chargé de l’entretien des dunes littorales qui assurent la protection des peuplements forestiers situés en arrière.

Les forêts domaniales sont des propriétés privées de l’État ouvertes au public qui doit lui aussi assurer sa protection et sa conservation, en particulier en suivant les consignes qui sont données à tout promeneur.

Ph. LEQUEUX a ensuite fait une présentation de la forêt sur le site même de La Bouverie. Elle est organisée en étages ou strates. On a pu distinguer :

            • La strate arborescente constituée ici de pins maritimes formant l’étage dominant.

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            • La strate arbustive faite de pins plus jeunes, de chênes verts, d’érables…

            • La strate herbacée avec en cette période la Céphalanthère rouge, l’Hélianthème et de nombreuses graminées.

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            • La strate muscinale, des mousses et des lichens, dernier stade de la fixation des sables. Elle recouvre une grande partie du sol assez pauvre en humus. À faible distance du littoral, le sol est encore jeune, pas très structuré. Il le deviendra quand la forêt sera plus vieille.

La forêt est gérée pour assurer la pérennité du couvert végétal. La gestion se fait conformément à un aménagement forestier établi pour 15 ans (2006 – 2020). L’unité de gestion est la parcelle (10 ha) mais on intervient aussi sur des surfaces plus petites. C’est particulièrement le cas dans des secteurs fréquentés par le public (bords de routes, chemins, GR, parcs de stationnement où l’aspect paysager a été récemment pris en compte par l’édition d’un cahier paysager (2016) qui se substitue localement au plan de gestion. Un certain nombre de sites sont présentés avec les mesures sylvo-paysagères envisagées. Ce sera le cas du premier site visité.

Deux modes de gestion ont été abordés : l’amélioration qui consiste à améliorer un peuplement en facilitant le développement des espèces bienvenantes et éliminant celles qui peuvent gêner leur croissance. La régénération assure le renouvellement pas des semis naturels ou effectués par le forestier.

Premier exemple : parcelles d’amélioration (287 – 288) en bordure de D 25 et D 268 (vers La Fouasse). Contraintes : zone fréquentée avec 2 reliefs dunaires (barkhanes).

Il est difficile de rendre compte de la visite sur le terrain, nous retiendrons les points suivants.

• Les interventions sur ces 2 parcelles ont été échelonnées dans le temps. Une première coupe dite d’éclaircie a eu pour but de réduire la densité des arbres et laisser les jeunes se développer. Elle a été pratiquée pendant l’hiver 2015-2016. La deuxième d’ensemencement vient d’être effectuée. Les pins âgés de 60 à 80 ans ont été conservés comme semenciers. Ce sont leurs graines qui assurent cet ensemencement. Les arbres considérés comme pouvant nuire à la régénération ont été abattus. La plupart cependant sont laissés au sol. Leur décomposition va permettre l’enrichissement en humus du sol. Par ailleurs ces « rémanents »  assurent le gite et le couvert pour de nombreux animaux (insectes, oiseaux, chauves-souris) et végétaux (moisissures).

• Suite à la tempête de 1999, des îlots de jeunes pins (nés de graines tombées au sol juste après , ils ont donc un peu plus de 15 ans) ont été conservés donnant une plus grande diversité en âges des arbres.

• Les pentes des dunes sont laissées en évolution libre : à travers les parcelles elles représentent des corridors écologiques, continuités boisées facilitant les déplacements de certaines espèces animales (les chauves-souris en particulier).

Une 3ème coupe est prévue pendant l’hiver 2019 - 2020. Une dernière, dans la partie de la parcelle du côté ouest de la D 25, sera effectuée au début du prochain aménagement.

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Deuxième exemple : parcelle de régénération (304) de part et d’autre du jardin d’essais du Pavillon. Il s’agissait d’une futaie d’arbres ayant le même âge et devant être régénérée par coupe rase. Comme le nom l’indique, cette « coupe à blanc » consiste à couper tous les arbres et arbustes. Quelques concessions étaient faites comme la conservation, au moins, d’un chêne par hectare (suivant les consignes) !

La coupe a été effectuée après que les pins mûrs (semenciers) aient dispersé leurs graines. Dans un premier temps on laisse faire la régénération naturelle. Si elle échoue, comme ce fut le cas ici, le forestier va procéder à des semis (artificiels). Ces semis n’ont pas mieux réussi. La troisième étape consiste à planter de jeunes pins en suivant des sillons et à les protéger avec des filets plastiques rigides contre les cerfs, chevreuils et sangliers. Ce mode d’intervention a été pratiqué ailleurs, en particulier autour de la maison forestière de la Passe Blanche plus au nord. Résultat à suivre dans les années futures.

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Ceux qui suivent la façon de gérer la forêt par l’ONF ont pu remarquer une évolution favorable des pratiques. Les coupes rases (au moins sur de grandes surfaces) sont abandonnées, une plus grande attention est portée à la préservation de la biodiversité. Restent cependant les problèmes posés par l’utilisation d’engins mécaniques qui dégradent plus ou moins le sol. Ils sont devenus incontournables après la disparition progressive des bûcherons et de l’utilisation du cheval pour l’enlèvement des bois.

Quant à l’exploitation de la forêt, on nous assure que l’on est nettement au-dessous des quotas prévus pour cet aménagement.

Un grand merci à Philippe LEQUEUX pour la visite de ce petit bout de forêt que tous les participants ont beaucoup appréciée.

D'autres photos sont à voir sur l'album photos.


Date de création : 11/06/2018 14:32
Dernière modification : 11/06/2018 14:32
Catégorie : - CR Sorties Nature
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