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Notre conférencier de ce soir, Dominique PIOU, a consacré près de 40 ans au sein de l’INRA à travailler sur le thème de la santé des forêts. Avant de s’interroger sur la définition que l’on peut donner au terme de santé quand il s’agit d’une forêt, Dominique commence sa présentation par un survol de la forêt Française.

A première vue, c’est une forêt qui se porte bien :

  • Elle est majoritairement constituée de feuillus, à près de 70%. Les principales essences sont les différentes espèces de chênes et les hêtres.
  • Après deux siècles de surexploitation, nous sommes depuis le 20ième siècle en phase de capitalisation : les prélèvements sont inférieurs à la production biologique, et ce malgré les tempêtes. Les surfaces forestières ont doublé depuis 1830.

Venons-en au cœur du sujet :

Il ne faut surtout pas confondre santé d’un arbre et santé d’une forêt. Notre conférencier nous rappelle qu’une forêt saine n’est pas une collection d’arbres sains. La forêt est un ensemble vivant et il est normal que des arbres dépérissent, ne serait-ce qu’en réponse à la compétition pour l’accès aux ressources (sol, lumière). Notre perception est biaisée parce que nous sommes confrontés au cycle sylvicole beaucoup plus court que le cycle biologique de l’arbre qui dans le cas du chêne peut atteindre 500-700 ans.

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Pour un écologue, la bonne santé d’une forêt c’est sa capacité à maintenir sa structure et sa fonction tout en faisant face à différents stress. Ce n’est pas tout à fait la perception d’un gestionnaire forestier qui privilégiera la croissance des arbres.

Les arbres et les parasites

Les arbres des forêts sont attaqués par différents parasites. Dominique nous explique que dans beaucoup de situations, ce n’est pas dramatique, les arbres peuvent devenir résistants à leurs attaqueurs, à condition qu’ils aient une diversité génétique suffisante. C’est le processus de l’évolution naturelle qui se met en place. Bien sûr, ce n’est pas à l’échelle d’une vie humaine. Cela peut prendre quelques centaines d’années.

Ce que nous considérons catastrophique dans notre jardin lorsqu’un de nos arbres est attaqué et se retrouve partiellement ou totalement défolié n’est le plus souvent qu’anecdotique pour une forêt. C’est le cas par exemple des chenilles processionnaires du pin : elles ne mettent que très rarement l’arbre en péril et jamais la forêt.

Il y a souvent coévolution avec les parasites.

Si par contre, on fait de la monoculture ou si on plante des arbres venus d’ailleurs, les dommages peuvent être beaucoup plus importants, Dominique nous en fait la démonstration sur quelques exemples.

Il nous présente ensuite le Département de la santé des Forêts qui existe maintenant depuis 25 ans. Je vous invite à parcourir ce lien pour plus d’information.

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Quel avenir pour nos forêts ?

Elles vont devoir faire face à de multiples challenges :

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Dominique passe les principaux en revue.

Si l’augmentation du taux de CO2 provoque un accroissement de la production végétale, l’augmentation des températures a un effet plus délétère. Les réponses des arbres varient de l’accommodation (par ex augmentation de la saison de végétation), de l’adaptation génétique, de la « fuite » (les aires de répartition montent en latitude) à la mortalité (dans les basses latitudes ou altitudes).

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Comme cela a souvent été dit, ce n’est pas la première fois sur terre que les températures grimpent de plusieurs degrés, mais c’est la première fois que le changement est aussi rapide. Les forêts ont besoin de temps pour s’adapter au changement.

Le changement climatique affectera aussi les parasites des arbres qui pourront se montrer plus nocifs rajoutés au stress hydrique.

Autre grande question : l’introduction de nouveaux parasites.

De nouvelles espèces de ravageurs et maladies liées peuvent s’installer telle que la graphiose de l’orme, bien connue, et la Chalarose du frêne qui gagne de plus en plus de régions en provenance de l’Europe de l’est. Comme dit précédemment il faudra laisser du temps au temps pour que le 1% de frênes qui semblent résistants puissent disséminer leur patrimoine génétique.

En conclusion, un bilan mitigé.

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Beaucoup de questions ont suivi cet exposé très documenté et passionnant.  Nous remercions vivement Dominique PIOU pour nous avoir consacré cette soirée.


Date de création : 10/09/2018 16:18
Dernière modification : 10/09/2018 16:18
Catégorie : - Conférences
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