Recherche
 
Vous êtes ici :   Accueil > Les algues vertes
 
Prévisualiser...  Imprimer...  Imprimer la page...
Prévisualiser...  Imprimer...  Imprimer la section...
Calendrier

rss Cet article est disponible en format standard RSS pour publication sur votre site web :
http://www.natvert.fr/data/fr-articles.xml

LES ALGUES VERTES

LES « MARÉES VERTES »

Conférence de Pierre LE GALL

conférence les algues vertes

Présentation des algues

Ce sont des végétaux de structure très simple car ils vivent dans une solution nutritive qui est l’eau de mer (des algues d’eau douce existent aussi). Elle leur fournit les sels minéraux et le carbone nécessaire à la fabrication de leur matière organique (sous forme de dioxyde de carbone, CO2). Cette capacité est due à la présence dans ces algues d’un pigment vert qui les colore, la chlorophylle, grâce à laquelle elles captent l’énergie lumineuse solaire nécessaire à cette fabrication. On les trouvera donc dans les parties hautes de l’estran, dans les flaques d’eau peu profondes, fixées au rocher.

Ulve

Les particularités biologiques des Ulves à l'origine des marées vertes

  • Elles sont les seules capables de stocker les nitrates nécessaires à leur croissance qui peut se poursuivre en pleine eau, une fois détachées de leur support.
  • Leur cycle de reproduction est court et peut s’effectuer rapidement. Elles ont aussi une grande capacité à se multiplier asexuellement par une sorte de bouturage, un fragment d’algue pouvant donner un individu entier.
  • Leur densité étant  très proche de celle de l’eau de mer, elles flottent facilement et sont déplacées  par les courants puis déposées en abondance sur les hauts d’estrans.
  • Une fois échouées, les algues en surface forment une sorte de croûte qui isole celles de la profondeur. À l’abri de l’air des fermentations sont à l’origine d’un gaz très toxique, le sulfure d’hydrogène (H2S) et de méthane.

Les marées vertes

L’exemple exposé est celui des plages de l’île de Ré (limite sud de ce phénomène des marées vertes).

Les responsables sont essentiellement des algues en lamelles (Ulves) dont les accumulations génèrent ce sulfure d’hydrogène.

Origine de ces développements anarchiques

• Des conditions favorables :

▪ Dans les baies aux eaux calmes, peu profondes, chaudes et bien éclairées.

▪ Aux points de rejets des stations d’épuration et des émissaires issus des élevages industriels ou des cultures intensives (fortes concentrations en nitrates et phosphates).

              • Une difficile gestion de l’eau.

Tous ces agents de croissance des algues sont apportés aux eaux littorales par les activités humaines situées  sur les bassins versants des fleuves  qui se jettent à la mer. Pour lutter contre elles il faut donc  modifier les pratiques agricoles et améliorer l’efficacité des stations d’épuration.

Un imbroglio administratif

L’exemple cité l’illustre parfaitement. Bien que située dans la Région Nouvelle Aquitaine, où l’Agence Adour-Garonne a la compétence de la gestion de l’eau, l’île de Ré est rattachée à l’agence de la Région Loire-Bretagne. Des Schéma de Gestion et d’Aménagement de l’Eau ont été mis en place, malheureusement l’île de Ré n’est pas dotée d’un tel schéma !

Il faut ajouter les compétences des préfets départementaux et de régions pour les problèmes continentaux et celles des préfets maritimes pour ce qui concerne la mer. Si des interventions des Chambres d’Agriculture (à l’origine responsables des activités polluantes) sont nécessaires, dans le cas cité, ce sont celles  de Vendée et des Deux Sèvres qui ont la compétence alors que pour le secteur Ré-La Rochelle elles n’ont pas de responsabilités officielles…

Les moyens de lutte

            • En amont. Assurer une meilleure gestion de l’eau ; modifier les pratiques agricoles et les comportements individuels ; adapter les rattachements administratifs aux problèmes du littoral.

            • Sur place. Le traitement des échouages est à la charge des communes qui n’ont pas toujours les moyens nécessaires. Le ramassage peut être effectué en vue de la neutralisation des pollutions et de la valorisation des dépôts (compostage, production de bio-gaz). Un organisme situé en Bretagne, le Centre d’Étude et de Valorisation des Algues étudie les moyens de cette lutte et a établi des règles très strictes concernant la manipulation de ces algues.

Ce qui est fait mais qu’il ne faudrait pas faire. Ce sont les dépôts en tas sur des sols sablonneux avec dégagement de gaz toxiques et infiltration de substances polluantes. Il peut s’agir aussi de creusement et remplissage de fosses avec les mêmes inconvénients et les risques d’affaissement du revêtement sableux dans des zones sans information pour le public.

stockage algues vertes Ré épandage algues vertes Ré

La solution consisterait à déshydrater les amas et les transporter dans un centre de compostage adapté. Or le seul existant est situé à 350 km (Agen) !

Les perspectives

Elles ne portent guère à l’optimisme compte tenu des pratiques qui perdurent et entraînent la dégradation du milieu dont pâtit l’homme mais aussi son environnement avec une perte importante de la biodiversité dans les zones de dépôts.

Les problèmes se situant au contact eaux continentales-eaux marines nécessiteraient pour être résolus une harmonisation des services concernés…et ils sont nombreux. Force est de constater que, les services de l’État, morcelés et n’ayant pas les moyens ni en personnel ni en crédit, ne peuvent assurer leur rôle.

Merci à Pierre LE GALL pour cet exposé clair, très accessible et qui a bien posé les problèmes qui sont ceux des littoraux. Celui-ci en est un bel exemple… parmi bien d’autres.


Date de création : 19/02/2019 18:40
Dernière modification : 19/02/2019 18:40
Catégorie : CR Conférences - Conférences
Page lue 5937 fois
Précédent  
  Suivant


Réactions à cet article

Personne n'a encore laissé de commentaire.
Soyez donc le premier !