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LA FORÊT DOMANIALE DE SAINT-TROJAN (ÎLE D’OLÉRON)

Sortie NATVERT du samedi 18 mai 2019

La forêt domaniale de Saint-Trojan (2600 ha) a eu une histoire proche de celle de la forêt de La Coubre avec quelques particularités qui en font son originalité.

Notre guide, Laurent FERCHAUD, agent patrimonial à l’Office National des Forêts, nous a d’abord fait une présentation de cet Établissement Public à caractère Industriel et Commercial qui assure la gestion des forêts de l’État (domaniales) mais aussi de forêts communales, de collectivités…soit 4 millions d’hectares. À l’origine forêt de protection (elle assure la protection du sol) et de production de bois, les fonctions de cette forêt se sont diversifiées pour assurer l’accueil du public et la sauvegarde de la biodiversité, en particulier.

Sa situation à la pointe sud de l’île d’Oléron permet de comprendre son évolution.

Pointe sud Oléron

Dans la deuxième moitié du XIXème siècle, de grandes quantités de sables apportées par un courant de dérive littorale nord-sud ont été déposées sur le rivage en l’engraissant vers l’ouest. Les forestiers ont profité de ces apports en les accumulant à l’aide de palissades dressées  face aux vents dominants de nord-ouest. À l’origine faites de planches non jointives, elles furent remplacées par les « palissades girondines ou ganivelles ». Le sable étant bloqué, on le stabilise avec des branchages couchés au sol puis on plante de l’oyat, une graminée qui va naturellement stabiliser la dune. Une succession de palissades ont ainsi assuré un gain de la terre sur la mer de près de 1,5 km dans la partie sud.

Un siècle plus tard, l’évolution s’est inversée : le littoral a reculé sous l’effet de fortes érosions qui n’ont pas cessé depuis. Comme sur le continent, l’O. N. F. n’intervient pas si ce n’est pour sécuriser les plages ici aussi très fréquentées (arbres abattus gênant la navigation côtière ou prêts à tomber sur les promeneurs).

La nature, le rôle et la fréquence des travaux forestiers ont ensuite été présentés. Il n’est évidemment plus question d’intervenir comme autrefois pour de nombreuses raisons parmi lesquelles le nombre restreint d’agents forestiers sur le terrain (3 sur l’île d’Oléron).

Lorsque des coupes doivent être effectuées, le travail est préparé par les forestiers et confié à des intervenants spécialisés avec un matériel « hightech », les abatteuses, en particulier, capables de s’attaquer à des arbres de grande taille (à maturité). Les bois sont ensuite évacués par des débardeurs. Les interventions se faisant désormais sur de petites surfaces (2 à 3 ha), ces engins doivent pouvoir pénétrer dans les parcelles. Des voies d’accès sont ouvertes préalablement : les cloisonnements (4m de large) assurant aussi le débardage.

DSC03594.jpg

La visite a permis de longer des parcelles où ces travaux étaient conduits pour assurer la pérennité de la forêt : éclaircies (abattage de certains sujets pour permettre une meilleure croissance des sujets restants) ; le dépressage dans les jeunes peuplements a le même but.

Les reliefs créés par les palissades comme ceux apparus naturellement ménagent des espaces interdunaires assez bas où la nappe phréatique est à faible profondeur. Dans ces milieux se développent des espèces hygrophiles comme l’aulne ou le peuplier. Le Document d’Objectif concernant le site Natura 2000 Île d’Oléron, recommande l’abattage des peupliers auxquels on reproche une forte consommation d’eau risquant d’assécher le sol en réduisant la biodiversité. (La question de ces besoins excessifs en eau fait par ailleurs débat).

On ne retrouve pas (ou peu) dans cette forêt les tranchées pare-feu bien connues à La Coubre. Ce sont les zones humides comme les aulnaies qui peuvent jouer ce rôle. La surveillance des incendies était assurée par des guetteurs au sommet d’une tour à Saint-Trojan aujourd’hui équipée de caméras permettant un suivi 24 h/24. Au sol ce sont les agents forestiers qui assurent des rondes permanentes pour traquer les éventuels départs de feux.

Quand on se rapproche de la mer, le sol est de plus en plus jeune car le sable a été récemment déposé par la mer. Seules les graines de pin maritime germent pour donner des pinèdes presque pures. Cette bande arborée, très exposée aux embruns et au vent, assure la protection des peuplements situés en arrière. Pour cela il faut qu’elle soit elle-même à l’abri de la dune littorale.

L’érosion, continue ici, s’oppose au  maintien de cette dune. Les interventions, assurées par l’O. N. F., se limitent à la mise en place de ganivelles pour capter les moindres apports de sable par le vent.

Le retour au parc de stationnement de Gatseau s’est fait en longeant une partie de la voie du petit train de Saint-Trojan sérieusement raccourcie par l’érosion et dont l’extrémité vers l’océan est curieusement suspendue dans l’abrupt d’érosion au-dessus de la plage.

Ici aussi de très coûteux travaux de « protection » par une digue en enrochements ont été effectués. Comme ailleurs on peut en observer les effets pervers : démaigrissement de la plage au pied de l’ouvrage et son contournement pas la mer de sorte qu’un autre segment de voie ferrée se trouve aujourd’hui sérieusement menacé. La pérennité de cet équipement touristique doit-elle être assurée au prix d’importantes dépenses supportée par la collectivité ? DSC03582.jpg

Un grand merci à Laurent FERCHAUD pour nous avoir guidés dans cette belle forêt avec beaucoup de compétence et la passion qu’il met à en parler et à l’entretenir. Ce grand intérêt a été partagé par notre groupe comme on peut le voir sur l’image très bien saisie par Jean-Pierre ci-dessus.


Date de création : 22/05/2019 11:18
Dernière modification : 22/05/2019 11:18
Catégorie : CR Sorties Nature - CR Sorties Nature
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