Recherche
 
Vous êtes ici :   Accueil > Soirée Chauves-souris en forêt de la Coubre
 
Prévisualiser...  Imprimer...  Imprimer la page...
Prévisualiser...  Imprimer...  Imprimer la section...
Calendrier

rss Cet article est disponible en format standard RSS pour publication sur votre site web :
http://www.natvert.fr/data/fr-articles.xml

Soirée Chauves-souris à la maison forestière de la Passe Blanche

Une longue soirée au cœur de la forêt de la Coubre était proposée ce samedi 29 juin aux adhérents de Natvert qui étaient nombreux à avoir répondu à l’invitation.

Maison de la Passe Blanche

Après un pique-nique pris sur la terrasse de la Maison Forestière de la Passe Blanche, Guy Estève est revenu sur le passé de ces maisons, construites au moment de la plantation de la forêt à la fin du 19ème siècle, destinées à héberger et fidéliser les agents forestiers qui devaient vivre sur place en quasi-autarcie. De cette époque il ne reste que peu de maisons forestières, celle de la Palmyre, avant le zoo en venant de Royan, celle de la Bouverie, qui était plus précisément la maison des bouviers, ceux qui conduisaient les attelages de bœuf avant l’arrivée de la mécanisation, celle de la Passe Blanche où nous étions, celle de Négrevaux, quasiment en ruine. Les autres ont été détruites ou sont plus récentes (celle de Bonne Anse).

La maison avant travaux

Celle de la Passe Blanche était aussi en très mauvais état quand en 2013 une réflexion sur son avenir a été lancée par la directrice régionale de l’ONF de l’époque. Avec l’impulsion des associations et d’acteurs locaux, un projet de réhabilitation de la maison a été proposé par l’ONF à la Fondation Lisea (créée dans le cadre des mesures compensatoires pour la construction de la LGV Tours -Bordeaux. Ce projet qui consistait à transformer la maison forestière en un abri pour les chauves-souris a débuté en 2014 et s’est terminé en 2015. Le bâtiment a été consolidé et complètement réaménagé à l’intérieur. Les fenêtres ont été murées et remplacées par des chiroptères. Vous pouvez en suivre les principales étapes du chantier sur ce lien. Un équipement vidéo alimenté par panneaux solaires a été installé, il devait permettre de filmer en infra-rouge et haute résolution les chauves-souris une fois que celles-ci auraient adopté le site.  Malheureusement ce matériel a été dérobé, et n’est pas remplacé.

La maison réhabilitée

L’acceptation d’un nouveau site pour les chauves-souris n’est pas immédiate. A l’automne dernier, Jean Marc Thirion et Guy Estève ont pu constater qu’il était utilisé comme « site de rencontre » pour les oreillards gris. Ces messieurs invitaient les dames oreillards à les suivre dans la maison pour la reproduction.

Nichoir pour oreillards

Après ces explications concernant le patrimoine bâti, Jean-Marc a présenté les principes de l’observation des chauves-souris. Il est bien connu que celles-ci se déplacent et capturent leurs proies grâce à l’écholocation : elles émettent des signaux sonores que nous n’entendons pas car les fréquences dépassent les capacités de nos oreilles : au dessus de 20000 hz et jusqu’à plus de 100000 hz pour certaines espèces.

Deux types de détecteurs existent : le bat-box qui analyse le spectre de fréquence : à l’oreille l’opérateur règle l’appareil sur la fréquence qui donne le son le plus grave, ou plus perfectionné un petit dispositif qui se connecte sur smartphone ou tablette et propose grâce à l’application liée des méthodes d’analyse plus fines, ce qui permet aux spécialistes d’identifier la signature sonore d’espèces pour lesquelles le bat-box est inefficient.

Utilisation EchoMeter par Julie OBIOS

Les premières pipistrelles communes ont commencé à virevolter alors que la nuit n’était pas tombée, ce qui a permis de coupler la vue au détecteur. Leur spectre de fréquences est très caractéristique et  présente un plateau autour de 43 000 hz.

Plus tard, une fois la nuit tombée, d’autres espèces font leur apparition : la pipistrelle de Kuhl, la sérotine, la noctule commune, la noctule de Leisler, un murin.

En comptant l’oreillard gris qui se trouvait dans la maison à l’arrivée de Guy et Jean-Marc, c’est donc pas moins de 7 espèces dont nous avons pu détecter la présence autour de nous.

Jean-Marc nous a bien sûr expliqué le mode vie de ces bestioles si particulières : la période de gestation séparée de la période de reproduction, le fait qu’elles ne peuvent pas émettre de sons la bouche pleine d’insectes (sauf certaines espèces), et donc qu’elles doivent faire un premier tour d’exploration pour mémoriser leur environnement avant de pouvoir chasser, les femelles pipistrelles qui peuvent partir chasser avec leur bébé fermement accroché à un téton … Il reste encore beaucoup de choses à découvrir sur leur mode de vie et leur comportement. On comprend pourquoi certains deviennent accros et  passionnés par les chiroptères !

La technologie à notre service

La soirée s’est terminée vers 23 h 30 avec un retour dans la nuit au parking.

Tous nos remerciements à Guy, Jean-Marc et Julie, pour nous avoir consacré cette soirée et nous avoir fait partager leurs connaissances.


Date de création : 30/06/2019 14:22
Dernière modification : 30/06/2019 14:22
Catégorie : CR Sorties Nature - CR Sorties Nature
Page lue 67 fois
Précédent  
  Suivant


Réactions à cet article

Personne n'a encore laissé de commentaire.
Soyez donc le premier !